OBSERVATOIRE DU RAP GAME (99)

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Jimmy McNulty rappe, Young Thug « chante », Brav surprend, Jay-Z fait des achats,  The Boy Illinois représente sa ville, Shuko sort un album, Money & Violence la web série du moment, RIP The Jacka and all that good stuff

BRAV  : Sous France 

Brav  membre du label Din Record avec Médine et Tiers Monde sort enfin son premier album solo. Rappeur blanc ? Issu des quartiers populaires ? Rassurez-vous, il n’est pas tombé dans le piège de proposer une version française de « white trash rap » à la Eminem. Brav n’en a pas besoin. Dans Sous France ce garçon intelligent, puise dans sa propre histoire, nous donne sa vision de notre « beau pays » (dans le titre éponyme et l’excellent Dr Martens Ep 01) et surtout montre qu’il est un artiste avec beaucoup de choses à offrir. Le « message » n’a jamais été le point faible de Din Records. C’est dans la musicalité où les Havrais devaient encore progresser. Brav efface toutes ses réserves. Bien épaulé par le sous-estimé beatmaker Proof il se positionne avec Sous France à l’avant-garde du rap français. Brav flirte avec la chanson française sur A L’Evidence, modifie sa cadence sur Meilia  et réussit le périlleux exercice de la fusion rock-rap avec Brav Against The Machine. Le fond et la forme sont rarement aussi bien servis dans le rap français. Brav (et Proof) l’ont réussi dans Sous France. Brav O.

 

THE BOY ILLINOIS : Chi-Town Finest

Chicago continue de placer ses pions dans le compétitif échiquier du rap américain. Il y a trois ans, beaucoup d’artistes (comme Vic Mensa, Chance The Rapper ou Mick Jenkins) ont profité de l’appel d’air du drill pour faire découvrir leur musique. Il faut désormais ajouter à cette liste non exhaustive The Boy Illinois. Ce jeune garçon personnifie un peu tout les aspects de la ville. Illi vient du East Side(14% de chômage) a  un père chanteur qui avait un petit band (à la maison on écoutait donc Al Jarreau, Earth, Wind & Fire ou Sade) et a fait un court passage à l’University Of Illinois. On retrouve tout cela dans ses six mixtapes et ses collaborations avec des poids lourds comme Twista et Trae The Truth. The Boy Illinois propose une mixtape The Ambulance Factory Presents: The Yer Tape de neuf titres avant la sortie son premier album Pointe (New Age Colonialism). Téléchargez  ICI

 

YOUNG THUG et BIRDMAN aiment GIVENCHY

Le groupe Migos a chanté Versace, Future la Maison Margiela et Chanel, A$ap Rocky a consacré une chanson à son amour de la mode. Young Thug flanqué de son manager Birdman « rendent hommage » à la marque Givenchy. C’est tellement mauvais que ça en devient fascinant.

SHUKO : Boom Bap Teuton

Tapez les mots « deuxième marché mondial » et « rap » sur Google et vous tomberez sur une série de liens renvoyant à des articles ou sites renvoyant à du rap français. Quelqu’un doit-il prévenir monsieur Eric Emerson Schmidt le patron de Google ? Le moteur de recherche fonctionne à la quantité mais pas à la qualité car de l’autre côté du Rhin, nos voisins ont beaucoup de talents surtout derrière la console. L’un deux, Shuko, a sorti un projet For The Love Of It ce 25 janvier. En plus de travailler avec la scène allemande, Shuko influencé par le travail des Primo et autres Pete Rock propose depuis plus de dix ans sa musique a des artistes principalement « undergrounds » américains. On retrouve ses prods dans les projets de Jedi Mind Tricks, Vinnie Paz, Talib Kweli, R.A The Rugged Man…Quelques français (dont Vincenzo, Nessbeal ou récemment 1.9.9.5) et même un titre pour le minet Tyga et son patron Lil Wayne dans la mixtape Outraged & Underaged sortie en 2009. Dans ce premier single Shuko mélange son influence principale avec….du rap français : CL Smooth et 20 Syl. Il faut peut être patienter avant d’envoyer un mail de réclamation à Eric Emerson Schmidt.

MONEY & VIOLENCE : Plus Belle La Vie à Brooklyn ! 

Soyons clairs : le jeu d’acteurs est médiocre, les prises de vues sont parfois approximatives et le son n’est même pas mixé MAIS Money & Violence pue l’authenticité. On ne parle même pas des dialogues savoureux et des expressions déjà cultes comme « Respect Your Jaw », « The streets ain’t for everybody that’s why they made sidewalks » ou le « Say No More » qui termine presque toutes les conversations. Cette web série de 24 épisodes (dont certains sont coupés en trois parties) diffusée sur youtube depuis le mois d’août est une plongée en apnée à Brooklyn dans le quartier de Flatbush. On suit le parcours de quatre héros dans ce haut lieu de la communauté caribéenne à New York qui a encore échappé à la gentrification. Money & Violence est sorti du cerveau du charismatique Moetivation. Il tourne « guerilla style »  avec une seule caméra, monte et écrit les dialogues et le scénario seul. Aujourd’hui la série dépasse les six millions de vues dont deux millions, ces deux derniers mois. C’est ICI

SAMEER AHMAD : Le perdant magnifique.

L’homme nous vient de Montpellier, ne néglige pas la technique et propose un discours frais et réfléchi. Quelques beaux projets (Le Môme qui voulut être roi sorti en 2007, le EP Justin Herman Plaza) ont permis à Ahmad de se faire un nom. Dans Perdants Magnifiques son dernier projet sorti mi-décembre, on ressent toujours les influences du label Time Bomb (surtout Ill et Ali) dans son flow et sa construction de phrases. Cela donne une petite touche “vintage” à sa musique pas désagréable. Perdants Magnifiques n’a pas de thèmes à proprement parler. Plutôt des interrogations, des observations bien amenées sur de la bonne musique. C’est déjà pas mal.

 

MEEK MILL , BIG SEAN et A$AP FERG : passe à trois.

Chuck D, dans une interview avait confié sa définition du rap : « lorsque c’est bien fait c’est comme du basket : trois passes et un dunk ». Meek Milll accompagné de Big Sean et A$ap Ferg sur son nouveau single D-Boy vient d’appliquer la définition de Mista Chuck. Une instru simple sans 808 et « charley démultipliée ».  Pas de refrain sirupeux ou autotunée. Nos trois gaillards rappent ! C’est la nature de cette musique : nous sommes obligés de comparer leurs performances. Big Sean à l’attitude, une cadence maîtrisée, des petits jeux de mots bien trouvés. A$ap Ferg, recycle un « seize », déjà entendu lors d’un freestyle sur Hot 97 et selon nous, gâche l’instru. Finalement, c’est Meek Mill qui est le plus sobre. D-Boy morceau figurera dans le prochain album Dreams Worth More Than Money. Meek avait annoncé ce titre en juin dernier mais n’avait pas pu le sortir suite à son incarcération.

JAY-Z se place dans le streaming-jeu.

Le rappeur s’apprête à investir l’équivalent de 50 millions d’euros pour s’offrir l’éditeur du service WiMP Music, qui se positionne comme un concurrent de Deezer, Spotify ou Beats. Jay-Z  on s’en doute va mettre à profit sa notoriété  pour tenter de percer dans ce secteur difficile mais prometteur de la musique en ligne. Le rappeur américain vient en effet d’engager des négociations en vue de racheter la société suédoise Aspiro, dont les activités tournent principalement autour de sites et d’offres de musique en streaming. Cela sent le nouvel album de Jay-Z pour 2015 disponible uniquement sur sa plateforme de streaming…

 

MUJA MESSIAH est un N.F.L.

La veille du Super Bowl, la grande messe du football américain, ce rappeur de Minneapolis a sorti ce titre original. N.F.L dans la bouche de ce franc tireur veut dire « Nigga For Life ».  Bien vu.  Une bonne dose de politique, un peu de satire sociale et de gros  bangers : le cocktail proposé de Muja Messiah  ne laisse pas indifférent. Encore moins chez lui à Minneapolis où la scène locale est verrouillée par le label Rhymesayers. Muja Messiah n’a pas encore gagné le Super Bowl, mais ce titre est un joli touchdown.

 

McNULTY au micro !

Cette photo fait peur. La doudoune, la casquette…Pourquoi ? Que s’est-il passé ? Pourtant la carrière de Dominic West s’est relancée ces derniers temps. Après avoir incarné le Detective Jimmy McNulty dans The Wire durant six ans, depuis un an Dominic joue Noah Solloway dans l’excellente série The Affair. Il a même été nommé dans la catégorie des meilleurs acteurs aux derniers Golden Globe. En fait, le bon Dominic  a participé à une session studio avec des jeunes en difficulté de Nottingham pour les aider à promouvoir leur film. Le refrain n’est pas si catastrophique et puis c’est pour une bonne cause…

THE JACKA assassiné !

Ce matin, ce rappeur a été assassiné lors d’une fusillade à Oakland en Californie. The Jacka était un membre du crew The Mob Figaz. Peu populaire chez nous, The Jacka, chez lui à Oakland était une figure de la scène indépendante. Très productif – il avait sorti plus de treize albums solos dont son classique The Jack Artist– The Jacka venait de sortir l’année passée l’album The Highway Robbery avec Freeway. The Jacka alias Dominic Newton venait de fêter ses 37 ans. RIP

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