5 (plus ou moins) BONNES RAISONS d’écouter le nouveau RICK ROSS

William Roberts  alias Ricky Rozay alias le « Biggest Bawse » alias « Renzel » présente Rather You Than Me, son (déjà) neuvième album. Voici cinq plus ou moins bonnes raisons de se pencher sur ce projet.

5.  Il tacle violemment Birdman

La chanson Idols Become Rivals est un pur clash et Rick Ross est l’agresseur. Déjà en 2009 dans son album Deeper Than Rap  avec le titre Mafia Music  il démarrait les hostilités avec une phase contre 50 Cent.  J’en avais parlé à l’époque ICI.

Huit ans plus tard avec  Idols Become Rivals c’est une nouvelle fois Rozay qui cherche des poux, ici, sur le crâne étoilé du patron de Cash Money. Ross, comme le héros de la série Dexter, prend son temps pour froidement dépecer, découper, étouffer puis tuer son ennemi. Les rumeurs d’homosexualité, l’usage de cocaïne, les fausses montres,  les voitures en leasing, la prise d’otage de Lil Wayne…Il termine en révélant  la raison du départ de  DJ Khaled de Cash Money. Du grand art. A une époque où les diss se déroulent la moitié du temps sur les réseaux sociaux, à l’exception notable de Remy Ma vs Nicki Minaj, ce diss track est appréciable.

4.  Il ne veut toujours pas parler de son passé…

2008. Ross vient de sortir Trilla son deuxième album et commence à monter en gamme. Puis c’est le drame. Le site The Smoking Gun sort dans un premier temps une partie d’une photo de Rozay en uniforme de gardien de prison. Il va d’abord nier en bloc. “Des hackers ont placé mon visage sur le corps de quelqu’un d’autre » déclarait-il au site AllHipHop.com. « Si cette photo était vraie, ne pensez-vous pas qu’il y aurait plus d’informations comme des dates par exemple ? »  Quelques jours plus tard, le site répondait aux questions du rappeur : il publiait la photo de Rozay recevant son diplôme de gardien de prison, son numéro de sécurité sociale et sa fiche de paie.  Sa réponse au magazine Don Diva ? Surréaliste.  « Lorsque je fais ma musique et je parle de cocaïne, c’est parce que je sais de quoi je parle. Quand je dis que je suis riche grâce à l’argent de la cocaïne, c’est parce que je l’ai vécu. »  Il n’évoquera pas plus de cinq fois (dont une fois dans une interview pour le magazine Rolling Stone) cet emploi de 18 mois à la South Florida Reception Center in Dade County.  Il est à peine plus loquace sur ses débuts dans le rap sous le nom de Teflon Da Don, sur un projet de Erick Sermon  ou avec Trina au début des années 2000.

Au contraire. Ross depuis 2006 va alimenter et entretenir son délire mégalo de baron de la drogue de Miami. Dommage car dans cet album on le sent prêt à laisser tomber le masque. Ainsi dans Game Ain’t Based On Sympathy il fait une nouvelle fois référence à « son ami » Kenneth « Boobie » Williams, leader du gang Boobie Boys à la tête du traffic de drogue à Miami durant les années 90.  Ross ici rappe  » Never was a gangster, I just wanted in/ No longer could I deny that I wanted a Benz/ Booby gave me blessings and a ruse for me to win »  ( Je n’ai jamais été un gangster, je voulais juste faire parti de la bande.  Je ne pouvais plus nier que je voulais avoir une Benz Booby m’a donné sa bénédiction et un plan pour me permettre de gagner.)  Et ben. Peut-être qu’il nous dira encore plus dans son dixième album. 

3. …Mais il se livre plus.

Au début il était difficile de trouver une trace de William L. Roberts dans les textes de Rick Ross. Il est resté longtemps caché derrière sa barbe et ses lunettes de soleil. Dans cet album on aperçoit un petit peu plus. Dans Rather You Than Me au détour de quelques rimes on découvre un peu plus l’homme. Dès le premier couplet du premier titre Apple Of My Eye , il raconte avoir prévenu Meek Mill concernant Nicki, il confie avoir eu une crise cardiaque durant le Super Bowl et s’être séparé de son manager de longue date Gucci Pucci. Dans Powers That Be, il évoque son père absent. Enfin dans Triple Platinum, il revient seulement avec une ligne (« Somebody tried to kill me, still I’m optimistic » ) sur la tentative de drive-by shooting à Fort Lauderdale à laquelle il a échappé en 2013.

2.  La musique est excellente.

Qui choisit mieux ses prods que Ross ?  Depuis Trilla, Ross montre que sa palette est plus large que les 808 « mamouthesques » et les « charleys » frénétiques. Bien sûr on en retrouve dans Rather You Than Me (Dead Presidents, Lamborghini Doors, Summer Seventeen…) mais ce n’est pas là, selon moi où cet album fait la différence. Depuis Mastermind, Rozay ne collabore plus avec le trio  J.U.S.T.I.C.E League. Ce sont les architectes derrière Maybach Music avec Jay-Z,  Magnificient, Aston Martin Music avec Drizzou ou encore Sixteen avec 3 Stacks. Pas le temps pour les regrets : Ross les a bien remplacé sur cet album.

On (re) découvre entre autres The Olympicks, Sap et le sous-estimé Bink (présent déjà sur Blueprint 1 de Jay)  sur trois titres dont l’incroyable Santorini Greece. Il y a également des belles découvertes. D’abord le producteur du sublime Apple Of My Eye avec Raphael Saadiq, est le nouveau venu Major Nine alias Chad Thomas à la ville joueur de football américain à l’Université de Miami ! Ensuite on apprécie le duo de producteur new-yorkais, Buda & Grandz proche de Dave East qui a donné le cinquième incroyable volet de Maybach Music. Selon moi,  Rather You Than Me est le projet qui se rapproche le plus de son classique Teflon Don. Enfin, c’est le plus important, il y a une french touch dans Rather You Than Me : Tarik Azzouz, un Aulnaysien, signé par les StreetRunner. Il a co-produit Lamborghini Doors avec Meek Mill et Anthony Hamilton. 9-3 Tu ne peux vraiment pas test.

  1. Il rappe très bien.

Si aujourd’hui, la plume de Ricky Rozay fait (presque) l’unanimité il faut malgré tout se souvenir qu’il vient de loin.  Nous parlons tout de même d’un MC devenu populaire avec un single Hustlin où il faisait rimer « twenty-two » avec… »twenty two » ! Onze ans plus tard, Ross ne s’est pas transformé en Twista et n’a pas la rime facile comme un Crooked I par exemple.  Rozay comme beaucoup de rappeurs US (Jay-Z, Styles P…) prétend ne pas écrire ses paroles. Cela s’entend car son écriture très visuelle, reste un puzzle de mots et de pensées sans réel fil conducteur même dans le diss adressé à Birdman. Ainsi dans Game Ain’t Based On Sympathy  il est capable de dire la pire horreur (il demande à l’actrice de seconde zone Stacy Dash, supportrice de Trump, d’embrasser ses pieds et de lui lécher le  xxx)  et dans le couplet suivant de condamner la guerre insensée que se livrent les jeunes de Chicago.  En revanche, surtout sur les prods soul, son interprétation est parfaitement maîtrisée. On l’imagine presque en peignoir, au fond d’un fauteuil, cigare dans une main, verre de cognac dans l’autre en train de rapper les yeux fermés. Ricky Rozay aujourd’hui âgé de 41 ans dans Rather You Than Me est au sommet de son art.

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